Vivaldi – Credo en mi mineur, RV 591

Hier soir, tandis que je rentrais chez moi en voiture, j’ai été frappée par la grâce de la musique. Pas moins ! 🙂 C’était par hasard, sur France Musique. Je tombe au milieu du Credo en mi mineur de Vivaldi, que je connais bien, parce que je l’adore tout simplement.

Il y a un truc si fascinant dans cette oeuvre… Je ne parle pas de Dieu, mais de cette extase unique à la musique, qui, finalement, nous dépasse tout autant. Dans le passé, j’ai écouté toutes les interprétations que j’ai pu, à l’infini. J’ai inspecté la partition dans tous les sens, pour essayer de comprendre d’où venait la magie de cette chose, sans succès.

Et hier soir, voilà que surgit cette formidable version. Entre ces voix d’enfants de la Maîtrise de Paris (essentiellement des filles, comme au temps de Vivaldi), le rythme plutôt rapide et ce que j’appellerais l’effet « live”, qui, quelque part, modifie la balance des voix, et donc change les perspectives et perceptions, j’ai du me garer de toute urgence pour savourer un « Et Resurrexit » décoiffant.

Je n’arrive pas à afficher le lecteur de France Musique sur cette page, alors cliquer sur l’image. Aller à 11’20 pour la présentation (très intéressante) ou à 11’58 pour le début du Credo (ou ailleurs dans le concert !)
ton image

Je ne sais pas combien de temps ce replay va rester, alors il ne faut pas trop tarder.

11’58 Credo
13’59 Et incarnatus est
15’35 Crucifixus
18’12 Et Resurrexit

Edit : Ne vous embêtez plus avec le lien officiel, j’ai capturé le flux audio ci-dessous ^^’

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Anonyme – Nos esprits libres et contents‬ (2)

Quand je regarde les statistiques WordPress, il y a un post sur ce blog qui bénéficie de beaucoup plus de visites que les autres, et de loin ! C’est Nos esprits libres et contents‬.

Je n’ai pas d’explication sur ce succès. L’algorithme de classement Google a du juger ce post très pertinent. Hélas ! C’est certainement le plus bâclé du blog ! Si j’ai fait l’effort de trouver les paroles complètes, je n’ai rien vérifié de plus.
Seulement voilà, je voudrais corriger : il s’avère que l’on ne sait pas qui a composé cet air. Ce n’est donc pas forcément Antoine Boësset !
La catégorie « Baroque » est aussi à nuancer. Il sera plus précis de dire que cela se passe dans la transition entre Renaissance et Baroque, fin XVIème-début XVIIème siécle.

De plus, j’ai trouvé l’année dernière une autre interprétation. Celle de Vincent Dumestre (Le Poème Harmonique) est certes bien, mais maintenant je n’écoute plus que celle de Marie-Claude Vallin (Soprano) et Lutz Kirchhof (Luth).

L’approche est complètement différente, plus enlevée (voire rapide), plus dépouillée (voire sèche), uniquement servie par une voix, claire et intense, et un luth, subtil et raffiné.
Je préfère sans aucun doute cette interprétation, qui ravit mes oreilles, et qui met mieux en valeur ce très beau texte.

Pas de vidéo YouTube, alors j’ai uploadé moi-même.

Bon dimanche !

‪Fauré – Madrigal, Op. 35‬

Le Madrigal de Gabriel Fauré fut composé en 1883 comme cadeau de mariage, pour choeur et piano, sur un poème d’Armand Silvestre.
Ce poème raconte, à l’occasion d’une joute verbale, l’incompréhension entre les hommes et les femmes quand il s’agit d’amour, le tout sur une musique merveilleuse et totalement envoûtante. Le mélange texte et musique crée une ambiance douce-amère.
Pour ceux qui ne comprennent pas le français, je pense que l’écoute sera différente ! Une chance de laisser aller l’imagination là où elle veut.

J’aime les vagues successives et différentes de ce air, les échanges entre les voix, les harmonies typiques de Fauré, l’apogée dans la dernière phrase. Les accords de la fin sont sublimes et appellent à recommencer, à l’infini. Une perfection ! ❤

Inhumaines qui, sans merci,
Vous raillez de notre souci.
Aimez ! Aimez quand on vous aime !

Ingrats qui ne vous doutez pas
Des rêves éclos sur vos pas.
Aimez ! Aimez quand on vous aime !

Sachez, ô cruelles Beautés,
Que les jours d’aimer sont comptés.
Aimez ! Aimez quand on vous aime !

Sachez, amoureux inconstants,
Que le bien d’aimer n’a qu’un temps.
Aimez ! Aimez quand on vous aime !

Le même destin nous poursuit
Et notre folie est la même :
C’est celle d’aimer qui nous fuit,
C’est celle de fuir qui nous aime !

 

Fauré : 1845 – 1924

Camille Saint-Saëns – Tarentelle op. 6

Ah caprices de la vie !
Oh farces du temps !
Aïe culpabilité de mon long silence !… 😐

Qu’il en soit ainsi.

Appelons une flûte, une clarinette et un piano pour jouer la pièce des mystères la vie qui nous dépassent. Dansons la tarentelle, évacuons tous les poisons, et, tant qu’à y être, rions de l’absurdité des choses.

Camille Saint-Saëns : 1835 – 1921

‪Sophia ‬Corri Dussek‪ – Sonate pour Harpe en do mineur, op. 2 no. 3‬

Sophia Corri (ou Sophia Dussek) est une composittrice, chanteuse, pianiste et harpiste d’origine italienne née en Ecosse. Mariée au compositeur Jan Ladislav Dussek, un grand nombre de ses oeuvres étaient, jusqu’à encore récemment, attribuées à son mari. Merci aux historiens et chercheurs qui rétablissent la vérité !

La harpe en Europe, au début du XIXe siècle, est un instrument très moderne, qui remplace le clavecin et concurrence le pianoforte. Partie des salons, la harpe va trouver sa place et contruire son répertoire dans les salles de concert et à l’opéra, tout en embrassant les premières vagues du romantisme, grâce à sa grande virtuosité.

Avec cette sonate, nous sommes encore en période classique. L’Allegro, immédiatement addictif, oscille de tout son mode mineur entre nonchalance et agitations nostalgiques. L’Andantino, toujours trop court, continue dans les mêmes intentions, en rajoutant des accents poignants.
Pour finir, le Rondo change l’atmosphère avec un voyage immédiat en enfance, à bord d’une boîte à musique sophistiquée.

A 3’27, l’air m’évoque la musique d’un film de Miyazaki, mais je ne sais plus lequel…

I. Allegro : 00:00
II. Andantino : 02:52
III. Rondo : 05:07

Sophia Corri Dussek : 1775 – 1831/47?

‪César Franck – Prélude, Fugue et Variation Op. 18‬

Le Prélude, Fugue et Variation, est une composition pour orgue écrite en 1862 par César Franck (compositeur belge puis français) et dédiée à Camille Saint-Saëns.
César Franck est un compositeur romantique, grande période pour le piano, mais il est professeur d’orgue, et cette oeuvre est écrite dans les règles baroques. Alors, piano ou orgue ?
Je propose ici d’en écouter l’adaptation pour piano. Et, pour aggraver mon cas, je ne vais dire dans cet article que des choses to-ta-le-ment subjectives. 🙂
Il faut dire que ne sors jamais indemne de cette oeuvre…

Rien que le Prélude… Il y a des mélodies impolies je dirais, qui ne saluent pas, entrent dans le coeur sans frapper, et bouleversent. Une fois dedans, c’est cuit, on ne peut plus arrêter, et ce n’est qu’une question de secondes, la vérité va sortir, celle qui, d’un vertigineux recul, révèle les choses cachées sous les tapis de la conscience. Pleurons s’il le faut !

Après un petit Lento (3’30) en forme de sas de diversion, entrons dans la Fugue ❤ (4’34), ce labyrinthe complexe où l’on suit avec bonheur les traces de Bach, et où les choses se dénouent, s’étirent, s’égouttent, se secouent. Une atmosphère minutieuse, où, même si on n’a pas la solution, il est évident qu’elle va apparaître. Le fil d’Ariane est trouvé, il n’y a qu’à le suivre… à chacun son rythme et sa destination.

Quand vient se glisser la Variation (7’54), la reprise du thème offre une atmosphère plus apaisée (même si on peut y pleurer aussi). Serait-ce grâce à la magie de la Fugue ? au pianiste ensorcelé ? Distante vis-à-vis de la musique romantique, je n’entends ici que beauté. Toutes les époques peuvent se fondre avec réussite dans la fugue !

Il faut avoir le temps, être prêt à l’abandon. L’expérience est prenante, toujours différente, pas toujours agréable au mélange brut des sentiments… c’est pourtant la clarté des pensées qui est au bout.

Bonne année à tous !

César Franck : 1822-1890