‪Sophia ‬Corri Dussek‪ – Sonate pour Harpe en do mineur, op. 2 no. 3‬

Sophia Corri (ou Sophia Dussek) est une composittrice, chanteuse, pianiste et harpiste d’origine italienne née en Ecosse. Mariée au compositeur Jan Ladislav Dussek, un grand nombre de ses oeuvres étaient, jusqu’à encore récemment, attribuées à son mari. Merci aux historiens et chercheurs qui rétablissent la vérité !

La harpe en Europe, au début du XIXe siècle, est un instrument très moderne, qui remplace le clavecin et concurrence le pianoforte. Partie des salons, la harpe va trouver sa place et contruire son répertoire dans les salles de concert et à l’opéra, tout en embrassant les premières vagues du romantisme, grâce à sa grande virtuosité.

Avec cette sonate, nous sommes encore en période classique. L’Allegro, immédiatement addictif, oscille de tout son mode mineur entre nonchalance et agitations nostalgiques. L’Andantino, toujours trop court, continue dans les mêmes intentions, en rajoutant des accents poignants.
Pour finir, le Rondo change l’atmosphère avec un voyage immédiat en enfance, à bord d’une boîte à musique sophistiquée.

A 3’27, l’air m’évoque la musique d’un film de Miyazaki, mais je ne sais plus lequel…

I. Allegro : 00:00
II. Andantino : 02:52
III. Rondo : 05:07

Sophia Corri Dussek : 1775 – 1831/47?

‪César Franck – Prélude, Fugue et Variation Op. 18‬

Le Prélude, Fugue et Variation, est une composition pour orgue écrite en 1862 par César Franck (compositeur belge puis français) et dédiée à Camille Saint-Saëns.
César Franck est un compositeur romantique, grande période pour le piano, mais il est professeur d’orgue, et cette oeuvre est écrite dans les règles baroques. Alors, piano ou orgue ?
Je propose ici d’en écouter l’adaptation pour piano. Et, pour aggraver mon cas, je ne vais dire dans cet article que des choses to-ta-le-ment subjectives. 🙂
Il faut dire que ne sors jamais indemne de cette oeuvre…

Rien que le Prélude… Il y a des mélodies impolies je dirais, qui ne saluent pas, entrent dans le coeur sans frapper, et bouleversent. Une fois dedans, c’est cuit, on ne peut plus arrêter, et ce n’est qu’une question de secondes, la vérité va sortir, celle qui, d’un vertigineux recul, révèle les choses cachées sous les tapis de la conscience. Pleurons s’il le faut !

Après un petit Lento (3’30) en forme de sas de diversion, entrons dans la Fugue ❤ (4’34), ce labyrinthe complexe où l’on suit avec bonheur les traces de Bach, et où les choses se dénouent, s’étirent, s’égouttent, se secouent. Une atmosphère minutieuse, où, même si on n’a pas la solution, il est évident qu’elle va apparaître. Le fil d’Ariane est trouvé, il n’y a qu’à le suivre… à chacun son rythme et sa destination.

Quand vient se glisser la Variation (7’54), la reprise du thème offre une atmosphère plus apaisée (même si on peut y pleurer aussi). Serait-ce grâce à la magie de la Fugue ? au pianiste ensorcelé ? Distante vis-à-vis de la musique romantique, je n’entends ici que beauté. Toutes les époques peuvent se fondre avec réussite dans la fugue !

Il faut avoir le temps, être prêt à l’abandon. L’expérience est prenante, toujours différente, pas toujours agréable au mélange brut des sentiments… c’est pourtant la clarté des pensées qui est au bout.

Bonne année à tous !

César Franck : 1822-1890

‪Villa-Lobos – Distribuição de flores‬, pour flûte et guitare

Heitor Villa-Lobos est un compositeur brésilien, autodidacte de la musique. Lors de voyages à travers le Brésil, il a cherché l’âme sonore brésilienne, celle des chants primitifs indiens, de la musique afro-brésilienne et des chansons populaires urbaines et rurales.

Ses « Bacchianas Brasileiras », un hommage à J.S. Bach, allient des rythmes brésiliens à la technique du contrepoint du maître.
Il fut aussi inspiré par Debussy, Milhaud et, avec le guitariste Andrés Segovia, il fut un pionnier et instigateur du développement du répertoire original de guitare au XXe siècle.

Et -alala- il y a aussi ce petit bijou, « Distribuição de flores » (Distribution de fleurs, Flowers distribution), écrit en 1937 pour flûte et guitare.

La première fois, j’ai d’abord supposé que « distribuiçao » voulait dire « distributeur » et non « distribution ». Du coup, même après correction de mon erreur, j’ai toujours imaginé une scène un peu folle, où, dans une belle prairie, des fleurs géantes, exotiques, caressantes et joueuses sortent d’un distributeur, ce dernier ressemblant à une machine à café d’entreprise, un peu spéciale il est vrai !

Heitor Villa-Lobos‬ : 1887-1959