‪Villa-Lobos – Distribuição de flores‬, pour flûte et guitare

Heitor Villa-Lobos est un compositeur brésilien, autodidacte de la musique. Lors de voyages à travers le Brésil, il a cherché l’âme sonore brésilienne, celle des chants primitifs indiens, de la musique afro-brésilienne et des chansons populaires urbaines et rurales.

Ses « Bacchianas Brasileiras », un hommage à J.S. Bach, allient des rythmes brésiliens à la technique du contrepoint du maître.
Il fut aussi inspiré par Debussy, Milhaud et, avec le guitariste Andrés Segovia, il fut un pionnier et instigateur du développement du répertoire original de guitare au XXe siècle.

Et -alala- il y a aussi ce petit bijou, « Distribuição de flores » (Distribution de fleurs, Flowers distribution), écrit en 1937 pour flûte et guitare.

La première fois, j’ai d’abord supposé que « distribuiçao » voulait dire « distributeur » et non « distribution ». Du coup, même après correction de mon erreur, j’ai toujours imaginé une scène un peu folle, où, dans une belle prairie, des fleurs géantes, exotiques, caressantes et joueuses sortent d’un distributeur, ce dernier ressemblant à une machine à café d’entreprise, un peu spéciale il est vrai !

Heitor Villa-Lobos‬ : 1887-1959

‪Albeniz‬ – Asturias /‪/ Domeniconi – Koyunbaba‬

Vendredi soir. J’aime ce moment où l’on rentre dans le week-end, ce soulagement de pouvoir enfin être seule, une soirée devant soi. Attention, le moment est critique. Il faut absolument s’appliquer à se débarrasser des pensées inutiles et stressantes, et profiter de la vraie vie, ce qui ne se fait pas toujours tout seul. Mais la musique est là pour ça ! Un peu de guitare ce soir ?

Isaac Albeniz le Fantasque est connu pour ses suites pour piano inspirées de la musique folklorique espagnole. Mais ce sont surtout les transcriptions pour guitare qui ont fait sa renommée.
Mon air préféré est très connu mais inusable. « Asturias », le Prélude de la suite « Cantos de España » (Op.232) est une musique sur laquelle j’ai énormément rêvé quand j’étais petite, avec des paysages et scénarios entiers. Avec les mots, on se souvient, mais avec la musique aussi finalement.

John Williams est un grand de la guitare. Ne vous étonnez pas de sa sobriété visuelle, il n’est pas un musicien expressif, mais toute son émotion va dans le son. Ne regardez pas !


Plus récemment, j’ai découvert ‪Carlo Domeniconi‬, compositeur et guitariste italien, voyageur comme Albeniz, et inspiré par les musiques méditerranéennes. Laissez-vous emporter par Koyunbaba… à la fin, vous vous étonnerez d’être allé si loin…

Ne cherchez pas mieux, l’interprétation d’Antigoni Goni, guitariste grecque, est absolument magique.

Bon week-end !

Albeniz : 1860 – 1909
‪Domeniconi‬ : 1947

‪Sibelius – Le Cygne de Tuonela, Op 22‬

Par ces temps de chaleur (du moins à Toulouse), voici un air venu du nord finlandais. « Le Cygne de Tuonela » fait partie des « Légendes de Lemminkäinen », ensemble de quatre pièces symphoniques écrites par Jean Sibelius le Voyageur.

Moi qui avait toujours vu et entendu un cygne blanc, voilà que j’apprends aujourd’hui que le cygne est noir… et que Tuonela est le royaume des morts, l’Enfer mythologique finlandais, entouré d’un fleuve noir sur lequel nage un cygne noir, symbolisé par un cor anglais (famille du hautbois, instrument noir lui aussi !)…

Rien de frivole effectivement, dans cette lente méditation intemporelle. Ce cygne est très sérieux, mystérieux et grave. Mais rien de terrifiant non plus, tout est calme et reste calme, quelques inquiétudes peut-être, selon l’état d’esprit de l’auditeur.
Mon cygne blanc restera donc blanc, dans un beau décor. Laissez votre raison sur la rive et embarquez votre coeur sur ce bel oiseau.

(Edit : Vidéo remplacée le 31/10/2018)

Je profite de cette vidéo pour vous dire (non sans fierté) que Thomas ‪Søndergård ‬est mon chef en ce moment et que lui et moi répétons (certes avec les 200 autres choristes de la chorale Aïda et l’Orchestre National de Toulouse) pour notre concert du 4 juillet (Verdi et Wagner). I can’t wait !

Jean Sibelius : 1865 – 1957

‪Ravel – Boléro‬

Il est temps de faire une place à une oeuvre très particulière pour moi. Pour faire simple, le Boléro de Ravel est l’oeuvre qui m’a ouverte à la musique. Le choc de mes 7 ans. Il y a un avant et un après. L’année suivante, je commençais la flûte traversière. Et j’usais la cassette du Boléro jusqu’à son épuisement. Mille mercis cher Maurice !

Comme avec le chocolat, quand vous faites écouter le Boléro à un enfant pour la première fois, observez-le !

Je pourrais vous parler de 1-l’histoire de cette oeuvre unique écrite en 1928, 2-sa structure basique en immense crescendo, 3-ses deux thèmes à la souplesse ensorcelante, 4-son rythme, 5-son exotisme, 6-la folie lorqu’il fut joué la première fois, 7-ses scandales, 8-l’impuissance de Ravel à minimiser une oeuvre qui lui échappait, 9-ses droits d’auteurs si longs enfin ouverts depuis peu en Europe (mais pas aux Etats-Unis), 10-l’endurance physique et mentale requise pour la jouer et l’écouter…   mais bon, le web en parle très bien, Wikipédia en premier lieu.

Assez parlé, si vous avez un peu de temps, si ça tombe bien, si la répétiion ne vous fait pas peur, je vous laisse entre les mains du ‪London Symphony Orchestra‬ (et le cure-dent de son chef Valery Gergiev !) pour un nouveau voyage quelque part où nul ne peut vous rejoindre. Nouveau, car oui, les surprises du Boléro sont infinies !

Ah oui, j’oubliais 😉 J’ai écrit récemment quelques modestes paroles pour pouvoir enfin chanter ces mélodies… Gloups… Mais Ravel en a vu de toutes les couleurs, il n’est plus à ça près ! 😀
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‪Satie – Gnossienne No. 1‬

L’univers d’Erik Satie le Versatile est profond, varié et mystérieux. Il faut l’écouter sans idée préconçue.
Voici l’un de ses « tubes », la Gnossienne n°1, dans une interprétation qui me plaît. Je me souviens parfaitement de la première fois où j’ai entendue, dans un magasin de musique. J’ai couru vers le piano d’où sortait ce son et, paralysée, j’ai senti que je passais à deux doigts d’un coup de foudre amoureux. C’est parfois dangereux la musique !

Connaissez-vous les partitions animées (animated score) ? C’est génial pour comprendre un morceau sans notions de solfège. C’est beau et hypnotique.

Attention, voir la partition d’un morceau (même animée), c’est gagner quelque chose, et en perdre une autre. J’écoute d’abord, puis je regarde (ou pas). Je n’ai pas encore trouvé les mots pour expliquer ce sentiment. Disons que l’oeil n’est pas toujours l’ami de l’oreille.

Satie : 1866 – 1925

Debussy – Pour le piano : Sarabande‬

Avec Debussy l’Instinctif, la rêverie est assurée. Chaque note est un mystère imprévisible, à la couleur inattendue. Ce n’est pas toujours facile à écouter ! Il vaut mieux se laisser porter par ses sensations plutôt que d’y chercher une logique qui ne peut être que complexe (et qui détruirait peut-être tout le plaisir de l’écoute !).
La Sarabande a été écrite pour piano, mais je préfère la version orchestrale que voici, écrite par Ravel. Cet air m’accompagne depuis l’enfance (grâce à un arrangement pour 4 flûtes) et me procure toujours les mêmes frissons.

En lisant les commentaires de cette vidéo, je ne trouve pas que l’interprétation ici soit trop lente. Au contraire, je trouve ce tempo parfait.

Debussy : 1862 – 1918