‪Monteverdi‬ – Venite, sitientes ad aquas‪, SV 335‬

Retrouvons aujourd’hui Monteverdi l’Audacieux, avec un motet pour deux soprani.
Comme à chaque fois qu’une musique me touche, mon cerveau rationnel aimerait comprendre.
Quel mystère derrière cet air, peut-être du à la structure, avec deux parties ternaires entourant une section centrale (1’51) réalisée dans un style expressif aux allures de récitatif.
Il y a quelque chose de doux-amer, entre insouciance et poignante prise de conscience. Les ralentis, « mel et lac » (miel et lait), sont étonnants et me font de l’effet.
Mais mon coeur ne se pose heureusement pas toutes ces questions ! Il va là où il a besoin d’être.

Avec ‪Emma Kirkby & Evelyn Tubb‬ au sommet.

Venite, venite, venite sitientes ad aquas Domini,
properate emite sine argento mel et lac.
Venite, venite, bibite vinum quod misuit vobis ineffabilem sapientiam.
Comedite, bibite amici divinum mel et lac.
Quia meliora sunt ubera Dei vino consolationis mundi.

Monteverdi : 1567-1643

Isabella Leonarda – Ave Regina Coelorum

Religieuse ursuline, Isabella Leonarda, la « Muse de Novara », était reconnue comme excellente compositrice. Dans son couvent, elle avait à sa disposition une chorale (un peu comme Vivaldi dans son orphelinat pour jeunes filles) pour pratiquer son art, motets, messes et sonates pour violon. Comme Hildegarde de Bingen ou Caterina Assandra, c’est finalement la vie religieuse qui a permis à Isabella d’exercer son talent.

Cette belle musique, spirituelle mais profondément humaine, montre qu’on est là bien au-delà de la mise en musique de textes religieux. Le texte est un support qui laisse place à la créativité. Dieu peut inspirer fortement, mais j’aime à penser qu’il n’y a pas que lui.

Attention, une deuxième écoute peut vous rendre dépendant à ces belles voix de femmes. Je suis touchée !

Isabella Leonarda : 1620 – 1704

‪Francesca Caccini – Ciaccona‬

Francesca Caccini, La Cecchina, était une compositrice, musicienne, chanteuse et poétesse accomplie et son extraordinaire talent a été reconnu par ses pairs. Elle fut la musicienne la mieux payée à la cour de Catherine de Médicis. C’est dire !
 Elle fut probablement la première femme ayant composé des opéras. « La liberazione di Ruggiero » est hélas le seul opéra dont la partition nous est parvenue.
Ecoutons ici une chaconne pour violon, sans voix certes, mais absolument jubilatoire dans la richesse de ses variations.

Et aussi, je ne résiste pas, une de ces belles mélodies pour soprano…

Francesca Caccini – 1587 – 1641 ?

‪Monteverdi – Lamento della Ninfa, SV 163‬

Remontons un peu dans le temps. Monteverdi l’Audacieux est à la transition entre la Renaissance et l’Époque baroque.
Avec ses huit livres de madrigaux, il est considéré comme l’inventeur de l’opéra.

Dans le livre VIII, le « Lamento della Ninfa » est juste bouleversant. Un trio d’hommes raconte l’histoire, en madrigal traditionnel, puis la nymphe apparaît, parlant à la première personne, dans un style qui annonce le bel canto italien.

Montserrat Figueras est l’une des plus grandes voix catalanes.

Pour ma part, les meilleures notes se trouvent dans les dissonances…

Monteverdi : 1567-1643