Bach – ‪Les Variations Goldberg, BWV 988‬

Ah 988 ! Le nombre magique, celui d’un monument, les Variations Goldberg !
Beaucoup de légendes circulent sur cette oeuvre immense et mystérieuse. Titrée par Bach « Exercices pour le Clavier » et « pour la récréation de l’âme des amateurs », aucune trace de son exécution n’est parvenue jusqu’à nous.

Selon le premier bibliographe de Back, Forkel, qui rencontra les fils de Bach, l’histoire est la suivante : en 1740-41, Bach écrivit la partition sur commande pour le conte de Keyserling à Berlin qui aimait beaucoup sa musique. Mélomane et insomniaque, Keyserling, lorsqu’il écoute cette oeuvre, embauche un tout jeune claveciniste de 14 ans, Goldberg, pour lui jouer « ses » variations pendant ses nuits blanches ! Mais tout cela reste incertain. C’est ce qui est bien avec les légendes.

En 1740, nous sommes dans les 10 dernières années de la vie de Bach. Alors que la période classique commence, Bach continue à porter et pousser la musique baroque jusque dans ses derniers retranchements, jusqu’à atteindre une sorte d’abstraction ultime.

Initialement destinées au clavecin à deux claviers, de grands pianistes en ont aussi fait de belles interprétations. S’il ne fallait en choisir qu’une, je garderais sans hésiter celle de Rosalyn Tureck (1914-2003), la « grande prêtresse » de Bach. Frappée à 14 ans d’une révélation mystique, Rosalyn a consacré son existence à interprétation de la musique de Bach.

Côté structure, l’oeuvre commence par une aria instrumentale en forme de sarabande (danse lente et élégante) suivie de 30 variations d’une grande richesse (canons, fugues, gigues, chorals, …) et finissant par une reprise de l’aria. Dans ces variations, tout y est, l’ancien, le moderne (ah la variation 25 ! ❤ ), la belle mathématique, et possiblement, l'univers en entier, son tout et son rien, son début et sa fin !

Cette musique est capable de reconstituer l'âme ! Comme Kayserling, on peut écouter quelques variations prises au hasard, quand nous sentons notre âme fatiguée, triste ou agitée. L'oeuvre peut s'écouter en entier aussi, lors d'un après-midi pluvieux comme aujourd'hui.


0:00:00 Aria
0:04:43 Variation 01 0:07:29 Variation 02 0:09:43 Variation 03
0:12:23 Variation 04 0:13:53 Variation 05 0:16:02 Variation 06
0:18:06 Variation 07 0:20:10 Variation 08 0:22:41 Variation 09
0:25:08 Variation 10 0:27:21 Variation 11 0:30:14 Variation 12
0:34:09 Variation 13 0:37:50 Variation 14 0:40:23 Variation 15
0:45:17 Variation 16 0:48:32 Variation 17 0:51:21 Variation 18
0:53:10 Variation 19 0:54:45 Variation 20 0:57:11 Variation 21
1:00:05 Variation 22 1:02:14 Variation 23 1:04:56 Variation 24
1:08:37 Variation 25 1:15:59 Variation 26 1:18:30 Variation 27
1:21:09 Variation 28 1:24:03 Variation 29 1:26:08 Variation 30
1:28:15 Aria da capo

Bach : 1685 – 1750

‪Marais – Alcione – Marche pour les Matelots‬

Et voilà, encore un bug de WordPress, en forme de blague : il semblerait que ce post soit le 100ème ! Sûrement une erreur … Certes, il est vrai que j’ai une très mauvaise mémoire des dates et du temps qui passe. Au début, j’avais créé un compte WordPress juste pour remercier et commenter, et voilà où cela m’a menée. Merci encore à vous tous ! 🙂

Je vais donc fêter ça avec un souvenir. L’année dernière, je dirais en juillet, j’étais à l’Abbaye de Fontfroide, au « Festival Musique & Histoire » pour écouter le maître catalan de la viole, Jordi Savall. Une place, au dernier moment et au dernier rang mais, toujours un peu débrouillarde et discrète, j’ai trouvé une place devant. ^^’
Dans l’église cistercienne splendide de nudité, à acoustique chaude et claire, et si proche de cet orchestre baroque pointu, j’ai passé une soirée magique. Un concert intitulé « Tempêtes, orages et fêtes marines », consacré aux perturbations atmosphériques et aux fêtes aquatiques qui fascinaient ces époques.
Voici la « Marche pour les matelots » de Marin Marais, qui a été rejouée pour le bis.

Jordi Savall vient tous les ans à Fontfroide. N’hésitez pas !

Marin Marais : 1656 – 1728

Vivaldi – Orlando Furioso, RV 728 – Sol da te, mio dolce amore

« Orlando furioso » est un poème épique composé de 46 chansons en 38 736 vers, composé par Ludovico Ariosto en 1516. De quoi donner bonne matière à Vivaldi, vers 1713, pour un long opéra. J’aime quand le poète inspire le compositeur.

« Sol da te, mio dolce amorce » est un air à la beauté absolue, pour voix d’alto, flûte et cordes. Venise découvre alors un instrument nouveau : la flûte traversière (appelée, dans sa version en bois, le traverso). C’est la première apparition de cet instrument dans un opéra de Vivaldi, et quelle entrée ! Grazie Antonio ! ❤

Comment dire ce que l’on ressent à l’écoute de cette perfection ? Une caresse appuyée sur nos tristesses ? Une envoûtante et délicate joie ? Entre autres, et en fonction de l’état d’esprit du moment. Et toujours cette sensation physique, celle d’un massage profond du coeur, celle de revenir dans mon corps, de retrouver un équilibre, de revenir au présent.

Même si les images de cette vidéo sont captivantes, je pense qu’il vaut mieux juste écouter…

Ce blog vient de fêter sa 1ère année, c’est incroyable, alors je le dit platement : mErCi à vous tous qui venez ! tHaNk you all !

Antonio Vivaldi : 1678-1741

‪Jean-Baptiste Lully – Le bourgeois gentilhomme‬ – ‪Marche pour la cérémonie des Turcs‬

Aussi étonnant que cela puisse paraître, on ne sait pas comment la musique baroque était jouée en son temps. A l’époque, on n’écrivait pas tout dans les partitions, comme les nuances, les liaisons ou les trilles, quand ce n’était pas carrément les lignes de percussion ou de basse. On se savait rien de l’interprétation. On a énormément progressé depuis, grâce aux historiens, à force de recherches dans les vieux écrits.
Tout cela pour dire que jusque dans les années 70-80, on a joué le baroque sans aucune finesse et sans âme, et qu’aujourd’hui on se rend compte de l’immense subtilité cette musique. Vivaldi et Rameau y ont beaucoup gagné. Alors, sauf attachement particulier, jetez vos vieux disques de baroque !

Faisons les reines et les rois ce soir, avec un « tube » de Lully, la « Marche pour la cérémonie des turcs » issue de son opéra « Le bourgeois gentilhomme ». Pour ceux qui connaissent par coeur et s’en sont peut-être lassés, en voici une interprétation particulièrement classe, inédite et ré-écoutable à l’infini. 🙂

Hardi, le chef (François-Xavier Roth) a séparé les voix. Place d’abord aux instruments graves, calmes, décidés et joueurs. Puis la voix intermédiaire vient s’ajouter, extrême de douceur, jusqu’au plongeon dans le fameux thème.

Notons vers 2’10 la brillante quincaillerie du « chapeau chinois ».
Et à 1’34, un violoniste gaucher !

Une vidéo plus longue de ce magnifique concert :
http://www.youtube.com/watch?v=IDGbMa5ap6s

Lully : 1632 – 1687

‪Vivaldi – In furore iustissimae irae, RV 626‬

A l’esprit agité, il faut donner de la fureur. Inspiré par les vents et tempêtes, Vivaldi a excellé dans l’expression de l’agitation. Voici mon morceau du moment, un terrible petit motet au titre qui annonce la couleur. Le premier mouvement est connu et apprécié pour les frissons qui procure, mais la suite est tout aussi sublime, dans une toute autre atmosphère. Ce poignant 3ème mouvement me fait passer par beaucoup de sentiments. L’Alleluia, dans ses dernières notes, appelle à la vie.

Challenge pour soprano, de nombreuses versions existent, toutes aussi éblouissantes.

0:00 – I. In furore iustissimae
4:55 – II. Miserationem Pater piissime
5:34 – III. Tunc meus fletus evadet laetus
12:32 – IV. Alleluia

Vivaldi : 1678 – 1741